Il est environ treize heures trente à Casablanca. C’est l’appel à la prière. Nous sommes dans notre chambre d’hôtel. Et mes compagnons de voyage ne pensent qu’à dormir…
Quelle perte de temps!
Nous venons d’arriver. Mais nous avons failli ne jamais partir.
À l’aéroport de Montréal, nous avons presque raté l’avion. Mais un soulagement s’est fait sentir lorsque nous avons finalement trouvé nos sièges à bord de l’avion. Ce soulagement s’est vite transformé en émotion forte lorsque nous avons décollé. Au-dessus des nuages, quelle vision! L’azur ne m’a jamais paru aussi beau. Et je n’avais même jamais imaginé une telle profondeur des nuages.
Notre premier contact réel avec le Maroc a été celui du paysage en défilement observé un peu de l’extérieur, en retrait, bien assis à bord d’un train crasseux. De ce train, nous avons vu défiler sous nos yeux la déchéance de Casablanca. Un tas de bâtisses en ruine entourées de déchets; et au beau milieu de ces ruines apparaissaient parfois des immeubles modernes.
Casablanca. Une ville qui semble marquée par un contraste.
Derrière moi, une femme anglophone tergiversait au sujet de Puff Daddy. Assurément une touriste celle-là. Puis, premier contact avec la gentillesse chaleureuse d’un Marocain, assis sur un banc parallèle au nôtre, qui nous a offert des indications lorsque nous avions l’air de ne pas savoir où nous diriger.
Arrivés à Casa Port, Paméla et moi avons suivi notre guide et prof, Jérémie, qui semblait prendre aléatoirement des directions à la recherche de notre hôtel. Il ressemblait à une âme perdue qui suivait davantage son instinct de voyageur expérimenté qu’un trajet bien planifié, au cœur du chaos de Casablanca.
Casablanca a tôt fait de faire ressurgir mon instinct de survie puisque nous passions près de nous faire happer par des voitures et des mobylettes à gaz (et elles en crachent des effluves d’essence) qui klaxonnent continuellement.
Mais nous l’avons finalement trouvé cet hôtel; après qu’un coiffeur nous ait indiqué le chemin. Nous fûmes accueillis par monsieur le maître d’hôtel; homme marocain au sens de l’humour douteux; le type d’humour qui ne procure pour seules réactions qu’un rire contenu, offert par sympathie, et le malaise de ne pas savoir si le bonhomme plaisante, s’il est simplement disjoncté ou s’il se moque de nous.
Nous avons finalement eu notre clef, et notre chambre. Au bas de notre fenêtre située au deuxième étage, fenêtre donnant sur le port, la rue s’est désertée lors de l’appel à la prière. Mais cette ville conserve néanmoins une vivacité fascinante. Une vivacité qu’il faudra découvrir, et que je voudrais découvrir.
Mais mes compagnons ne pensent qu’à dormir… et ils dorment.
Bien qu’il n’en tient qu’à eux de n’avoir pas été capables de combattre le décalage horaire, je ne me risque pas à quitter la chambre, d’autant plus que je demeure sans un sou. Et je dois rester au côté de ces voyageurs paresseux, avec pour seule distraction le son de cette ville pleine de vie, et l’écriture de ce texte que je termine.
PAR ÉRIC
Quel franc parlé ! Ahahah!
RépondreSupprimerEn lisant ton texte, je comprends mieux la présence d'innombrables photos de tes pieds...
Aller... Bon voyage !!
C'est bien parti, faites-nous découvrir cette ville qui a l'air fascinante; les photos l'attestent. Bon voyage, faites-nous rêver!
RépondreSupprimerFrançois
Merci à vous deux!
RépondreSupprimerÉric